Les Utopiales : un festival ouvert à toutes et tous Entretien avec Nolwenn Alzieu, chargée du développement des publics
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Publié le 7 janvier 2026
Chaque année, Les Utopiales s’imposent comme un rendez-vous incontournable, où science-fiction et sciences dialoguent avec le grand public. Derrière cette ouverture, on trouve un engagement fort de La Cité des Congrès de Nantes et de ses équipes, dont Nolwenn Alzieu, chargée du développement des publics.
La mission de Nolwenn est de rendre le festival toujours plus accessible : adapter la programmation, créer des outils de médiation, et lever les freins à la participation. Ce qui la motive ?
Moi, ce qui m’anime, ce sont les valeurs du festival, le sens qu’on donne à chaque action.
L’inclusion au cœur du projet de La Cité des Congrès
Si Les Utopiales sont perçues comme un festival accessible, c’est aussi grâce à la stratégie inclusive portée par La Cité des Congrès. Nolwenn résume cet engagement en une phrase :
Permettre à chacun·e de se sentir légitime pour venir à La Cité.
Cela passe par un accueil attentionné, une signalétique claire, une programmation adaptée, mais aussi des dispositifs concrets comme le programme interne « La Cité pour toutes et tous », ou le label « Ici c’est cool », qui rassurent et sécurisent les publics.
Des actions concrètes pour lever les freins
Le festival agit d’abord sur le prix : grâce à la Carte Blanche de la Ville de Nantes, le billet est à 3 €, et les tarifs réduits sont maintenus malgré l’inflation.
Des outils pratiques sont mis à disposition : plans adaptés, guides d’accessibilité, documents en gros caractères. Sur place, La Cité mobilise son expertise : accueil formé au guidage, carte d’accès prioritaire, fauteuils roulants, salle zen équipée d’un « sensitive bag » pour les personnes ayant besoin de calme.
Une attention est aussi portée au bien-être : protections périodiques gratuites (en partenariat avec District Nature), gestes inclusifs et écoresponsables, tels que des consignes solidaires (en partenariat avec La Cloche), qui prolongent les engagements pris sur l’ensemble des événements accueillis par La Cité,
C’est un vrai choix politique du festival », affirme Nolwenn
Accessibilité culturelle et ancrage local
Le festival s’appuie sur un réseau de partenaires engagés :
- CSCS 44 pour l’accueil des publics sourd·es et malentendant·es,
- TIC 44 pour l’interprétation en langue des signes,
- STIM sourd France, qui crée des signes scientifiques et anime des ateliers.
Pour les publics malvoyants ou non-voyants, une sélection de jeux sensoriels (en partenariat avec AccessiJeux), des visites accompagnées, un salon d’écoute, et des créations sonores autour d’œuvres littéraires sont proposés.
Le festival porte également une attention particulière au jeune public en proposant aux jeunes festivalier·ères et aux publics scolaires une programmation tout au long du festival et une journée dédiée. L’inclusion se prolonge hors les murs : actions dans les maisons de quartier avec l’Accoord, ateliers au CHU ou en centre de détention, concours photo
Ces initiatives donnent du relief au festival, elles renforcent le lien avec le territoire.
Un moment suspendu : la magie de la rencontre
Nolwenn partage un souvenir marquant : une rencontre avec le réalisateur japonais Rintarō, interprétée en langue des signes. Une préparation minutieuse a été nécessaire pour trouver les signes justes et élaborer des images visuelles universelles qui franchissent la barrière des mots et des langues.
C’était poétique, magique. Ce moment prouve que l’accessibilité peut aussi créer des ponts sensibles.
Article : Laurence Caillabet, janvier 2026











