FOLLE JOURNEE 2020

Classique

du mercredi 29 janvier au dimanche 02 février 2020

La Folle Journée 2015 : "Passions", du 28 janvier au 1er février 2015
Passions
Passions de l’âme, passions du coeur
Pour sa 21ème édition, la Folle Journée explorera ce thème central de la sensibilité occidentale : les passions de l’âme et du coeur, déclinées à travers un large répertoire, profane et sacré, inspiré et saisissant, sur une vaste période allant des prémisses de l’époque baroque au début du XXe siècle. De l’affect au sentiment, des passions baroques à l’effusion sentimentale moderne, cette thématique invite à s'interroger sur les moyens que se donnèrent les musiciens, depuis Monteverdi jusqu’à Schoenberg, pour traduire l’ineffable ou l’inexprimable : la vie de l’âme humaine et ses mouvements.
La notion de "Passion" renvoie d’abord au récit des souffrances et de la mort du Christ, mais elle met aussi en jeu, dans le domaine profane, ces mouvements de l’âme qui transportent tout homme mû par la douleur ou la crainte, l’angoisse ou le repentir, l’extase ou la joie. Aux grandes oeuvres sacrées relatant la mort du Christ et la douleur des témoins de sa Passion (les Passions de Schütz ou de Bach, le Membra Jesu nostri de Buxtehude, Les Sept Paroles du Christ en croix de Joseph Haydn, les Stabat Mater de Scarlatti, Vivaldi ou Pergolèse), répond un riche corpus d’oeuvres profanes, lyriques ou instrumentales, explorant la diversité des émotions humaines (le Lamento d’Arianna de Monteverdi, l’air de la mort de Didon par Purcell, l’air de Rinaldo de Haendel "Lascia ch’io pianga", et dans un autre registre, les "portraits de caractère" pour clavecin de Couperin et Rameau ou les Tafelmusik de Telemann).
Au milieu du XVIIIe siècle se développe en Allemagne, notamment avec Carl Philipp Emanuel Bach, le courant artistique de l’Empfindsamkeit (sensibilité, sentiment), qui valorise une expression nouvelle de la sensibilité, dans une volonté manifeste cependant, de maîtriser la puissance des affects. Mais bientôt le vaste mouvement du Sturm und Drang (Tempête et passion), auquel Haydn et Mozart ne seront pas indifférents, et qui s’exprime pleinement dans l’oeuvre de Beethoven, donne la prééminence aux sentiments, ouvrant la voie au romantisme. Expérimentant les vertiges et les méandres de son monde intérieur, l’artiste romantique extériorise désormais son "moi", et exprime par le truchement de son art l’angoisse, la joie, l’exaltation de son âme (la Symphonie fantastique de Berlioz, la Fantaisie pour piano de Schumann, le Quatuor à cordes n°2 de Borodine, La Nuit transfigurée de Schoenberg), mais aussi une souffrance résignée ou un profond désenchantement (l’Adagio du Quintette à cordes en ut majeur de Schubert, le Quatuor à cordes opus 95 de Beethoven, la Rhapsodie pour contralto, choeur d’hommes et orchestre de Brahms, Das klagende Lied de Mahler, la Suite lyrique de Berg). Les passions humaines sont aussi les objets principaux de l’opéra et du drame lyrique à travers les époques ; la passion amoureuse particulièrement, reste l’un des thèmes de prédilection des compositeurs (Don Giovanni de Mozart, La Traviata de Verdi, La Bohème de Puccini, Tristan et Isolde de Wagner, qui compose ici l’un des plus grands poèmes de l’amour).
C’est cette véritable contagion émotive, qui gagne l’Europe baroque, puis le Romantisme et la Modernité occidentale, qu’explorera la prochaine Folle Journée, en montrant combien l’expression de l’affect, puis du sentiment, a toujours été l’une des gageures essentielles de l’acte créateur.
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Ouverture billetterie

10 janvier 2015 à la Cité et 11 janvier 2015 sur internet (à confirmer)